• 1 (877) 325-4472

Votre personnalité influence votre espérance de vie


InfolettreMai2018_Personnalite
Texte de Stéphanie Boivin
Kinésiologue Olympe

En psychologie, cinq traits de personnalité sont devenus des incontournables du domaine de l’évaluation de la personnalité. Leur pouvoir de prédiction a été montré dans plusieurs domaines de la vie humaine : santé mentale, performance professionnelle, divorce, etc. Les Big Five ont aussi été utilisés par plusieurs scientifiques curieux d’observer une corrélation, positive ou négative, entre la personnalité et divers aspects du comportement liés à l’espérance de vie. Voyons donc brièvement en quoi chacun de ces traits peuvent influencer notre longévité.

 1) L’ouverture à l’expérience

Les psychologues associent souvent l’ouverture à une bonne santé mentale et à la maturité. Une personne mature et en bonne santé mentale augmente ses chances de pratiquer de saines habitudes de vie et de diminuer son risque de mortalité. L’ouverture semble aussi avoir des relations positives avec l’intelligence et la connaissance, qui eux-mêmes sont liés à une plus longue vie.

2) Le caractère consciencieux

La personne consciencieuse aurait une meilleure capacité à gérer ses impulsions et donc à maintenir une saine alimentation. Ainsi, ses risques de santé liés à l’embonpoint ou à l’obésité s’en trouvent donc limités. Le tabagisme et la criminalité, deux comportements liés à un plus haut risque de mortalité, sont associés à un bas niveau de caractère consciencieux. Finalement, ce trait de personnalité a été montré comme pouvant ajouter jusqu’à cinq années à une espérance de vie!

3) L’extraversion

Les personnes plus extraverties peuvent avoir un niveau d’énergie et d’activité plus élevé que la moyenne et ressentir moins d’émotions négatives (anxiété, colère, dépression, etc.). On peut ainsi croire à une pratique augmentée d’activité physique et aux bienfaits liés à un style de vie actif comme la diminution du risque de maladies cardiovasculaires.

4) L’agréabilité

Un caractère agréable encourage l’appréciation d’autrui et l’harmonie sociale. C’est, entre autres, en étant un être agréable avec ses pairs que l’humain a su exister jusqu’à aujourd’hui. Ce trait de personnalité est donc associé à la survie de l’espèce et, par extension, à la longévité.

5) Le névrosisme

Ce dernier facteur de la personnalité est souvent référé comme étant l’opposé de la stabilité émotionnelle. Il désigne aussi une disposition aux émotions négatives. Selon une méta-analyse de 59 études longitudinales, un degré élevé de névrosisme prédit le développement des maladies mentales communes (anxiété, dépression, toxicomanie, psychose, schizophrénie, etc.) qui comportent elles-mêmes des risques augmentés de mortalité.

Et puis, vous êtes-vous reconnus dans certains facteurs des Big Five? Comment votre personnalité influencerait-elle votre espérance de vie, autrement estimée par Statistique Canada sans considération pour votre personnalité? Notez qu’il existe tout de même une limite quant à la validité des données mentionnées ci-haut : elles reposent souvent sur des questionnaires subjectifs et non pas objectifs. Malgré cela, nous espérons que cet article ait su vous informer, divertir et faire réfléchir et nous vous souhaitons une longue vie!

Références

J. Ozer et V. Benet-Martínez, « Personality and the prediction of consequential outcomes », Annual Review of Psychology, vol. 57,‎ 2006, p. 401–421

Iwasa Hijime; Masui, Gondo, Inagaki, Kawaai, Suzuki (December 2007). “Personality and All-Cause Mortality Among Older Adults Dwelling in a Japanese Community: A Five-Year Population Based Prospective Study”. American Association for Geriatric Psychiatry. 16 (5): 399–405.

Calvin Catherine M, Batty G David, Der Geoff, BrettCaroline E, Taylor Adele, Pattie Alison et al. Childhood intelligence in relation to major causes of death in 68 year follow-up: prospective population study BMJ 2017; 357 :j2708

McCrae, R. R. & Costa, P. T. (1990). Personality in adulthood. New York: The Guildford Press.

Jeronimus B.F.; Kotov, R.; Riese, H.; Ormel, J. (2016). “Neuroticism’s prospective association with mental disorders halves after adjustment for baseline symptoms and psychiatric history, but the adjusted association hardly decays with time: a meta-analysis on 59 longitudinal/prospective studies with 443 313 participants”. Psychological Medicine. 46 (14): 2883–2906.

Roberts, B., Kuncel, N., Shiner, R., Caspi, A., & Goldberg, L. (2007). “The power of personality: The comparative validity of personality traits, socioeconomic status, and cognitive ability for predicting important life outcomes” (PDF). Perspectives on Psychological Science. 2 (4): 313–345.

Graziano, W.G., & Eisenberg, N. (1997). Agreeableness; A dimension of personality. In R. Hogan, S. Briggs, & J. Johnson, (1997). Handbook of Personality Psychology. San Diego, CA: Academic Press.

Jeronimus, B. F., Riese, H., Sanderman, R., Ormel, J., « Mutual Reinforcement Between Neuroticism and Life Experiences: A Five-Wave, 16-Year Study to Test Reciprocal Causation », Journal of Personality and Social Psychology, vol. 107, no 4,‎ 2014, p. 751–64

Hettema, J. M., Neale, M. C., Myers, J. M., Prescott, C. A., & Kendler, K. S. (2006). A population-based twin study of the relationship between neuroticism and internalizing disorders. American journal of Psychiatry, 163, 857–864.

Ormel J., Jeronimus, B.F., Kotov, M., Riese, H., Bos, E.H. et Hankin, B., « Neuroticism and common mental disorders: Meaning and utility of a complex relationship », Clinical psychology review, vol. 33, no 5,‎ 2013, p. 686–697 (lire en ligne [archive])

Graziano, W.G., & Eisenberg, N. (1997). Agreeableness; A dimension of personality. In R. Hogan, S. Briggs, & J. Johnson, (1997). Handbook of Personality Psychology. San Diego, CA: Academic Press.
Share :
Related Posts